lecture en ligne

LECTURE EN LIGNE

"Pour un monde meilleur"

Chapitre I - Chapitre II - Chapitre III - Chapitre IV

Roman policier


Chapitre III
Voyance
Médium

L'Organisation

Médium

Trois quart-d'heure s'étaient écoulés depuis le début de la consultation...
Je continue ?
- Continuez, continuez, dit Martin en prenant des notes.
Elle posa ses mains sur ses tempes en fixant du regard sa boule de cristal.
- Elle a été assassinée... C'est tout ce que je peux vous dire. Je suis désolée. Je dois m'arrêter.
- Dans quel hôpital ? Où se trouve cet hôpital ? questionna le guérisseur.
- Vous ne voulez pas nous interpréter la suite, dit la Comtesse, parce qu'elle parle de nos succès à venir et parce que vous nous considérez comme des méchants ?
- Non, pas du tout. C'est un travail qui demande beaucoup de concentration, en particulier le cas de cette femme. Je travaille depuis ce matin, je suis épuisée, je risque de me tromper. Il faudrait que vous reveniez... je vous dirai tout.
- Qui est cette femme ?... Elle est de la police ? demanda Martin
- Je ne pense pas... non. Revenez et vous saurez tout sur elle.
- J'avoue sincèrement que je n'ai rien compris, déclara la "Comtesse".
- Moi non plus, ajouta le "Guérisseur".
- Alors, si je comprends bien, dit Martin en relisant ses notes, en ce qui concerne cette femme, son corps se trouverait en attente d'être enterré alors qu'elle n'est pas morte...son coeur aurait cessé de battre momentanément à cause d'une grave maladie. Mais elle sera guérie. Son esprit cherche du secours et il trouvera quelqu'un pour la sauver.
- C'est l'hypothèse la plus vraisemblable, répondit Mme Laetitia.
- On repassera demain soir, est-ce possible ? demanda Martin
- A la même heure, c'est d'accord.
- Combien vous dois-je ?
- Cinq cents euros.
A la surprise générale, Carine Levallois demanda d'un ton ironique :
- Vous ne vous êtes pas trompé dans vos comptes ?
- Attends ! dit Goujon à Levallois. C'est le prix pour deux consultations, aujourd'hui et demain n'est-ce pas ? demanda-t-il à la voyante.
- Non, pour la seule séance d'aujourd'hui.
Les trois clients figés, fixèrent Madame Laetitia sans mot dire, comme pour l'hypnotiser. Ils se demandaient s'ils ne s'étaient pas fait arnaquer... La "comtesse" décida finalement de payer.
  Elle lui régla en billets de banque neufs de 200 et de 100 euros.
- Vous trouverez moins cher ailleurs, mais vous obtiendrez beaucoup moins de renseignements, répliqua la voyante.

  Ils se rendirent aussitôt tous les trois à la villa de Pat parce qu'il les avait invités à dîner. Là, les attendaient son bras droit Christian Furet, Catherine Spinoza le bras droit de Schultz, l'assistante de Goujon Elsa Müller, Richardson avec son cigare habituel, tous accompagnés de leurs gardes du corps. Martin alluma une cigarette et fit le résumé de la consultation chez la voyante... Lorsqu'il cessa de parler il y eut un long silence, et tout le monde dirigea son regard vers Pat comme s'il fut le seul à connaître la solution du problème. Le docteur Goujon, gêné par la fumée, ouvrit les volets.
- Nous n'avons pas le temps de secourir cette femme, dit Pat. Il faudra que quelqu'un repasse liquider Saint en ignorant ce fantôme. J'espère que vous n'avez pas peur. Qui est volontaire ?
Des rires emplirent la salle...
- Laissez-moi lui balancer une grenade incendiaire chez lui une fois pour toute que l'on en parle plus, gronda Richardson en tapant du point dans son autre main.
- Guérisseur,... ton sérum avance ? demanda Pat au professeur Goujon.
La consultation de la voyante ne l'ayant pas convaincu, ignorant la question de Pat, le "guérisseur" protesta :
- Attendez ! la voyante nous a raconté des histoires pour nous décourager. Un esprit errant qui cherche de l'aide chez un humain ! mais de qui se moque-t-elle ?
- Certes, nous devons prendre ses déclarations avec réserve, je suis d'accord avec toi, approuva Pat.
- Je pense que le sérum sera au point bien plus tôt que prévu. On est en train de le tester Pat.
- Si vous permettez, je crois que l'initiative de Canon est à examiner, dit Levallois. Plus nous attendons, plus nous laissons du temps à Saint pour nous retrouver.
- Je suggère qu'on place une bombe de faible puissance dans sa voiture et qu'elle explose, par exemple, dès l'ouverture d'une portière dans son garage pour éviter des victimes. Les hommes du chef en seraient capables, dit Spinoza.
- Excuse-moi Cathy mais, dit Müller, tu sais que les hommes de ton chef sont sur "le projet".
- Il faut supprimer ce Saint, dit Richardson. C'est la chose la plus importante, même plus importante que le projet. Qu'en pensez-vous ?
- Je suis contre ces procédés d'éliminations classiques par explosif, dit Pat, qui risquent de faire des victimes innocentes sans pour autant être certain de toucher la principale cible. Catherine, crois-tu que Saint n'aurait pas prévu ce genre d'attentat ? Son domicile est sans doute truffé d'alarmes.
- Et peut-être même de pièges mortels qu'utilisaient les ninjas japonais autrefois, ajouta Furet. Un personnage comme lui en serait parfaitement capable. Je me méfie de lui comme d'un de ses diables d'homme en noir.
On frappa à la porte de la salle à manger, un garde du corps ouvrit pour laisser passer un chariot contenant le dîner suivi des domestiques. Une agréable odeur de cuisine envahit la vaste et somptueuse pièce, bien éclairée, dont les meubles étaient de style Louis XVI.
- Il fait froid ici ! dit Carine Levallois, tiens, veux-tu me passer ma veste qui est derrière toi, demanda-t-elle à Martin qui terminait sa troisième cigarette.
On entendit plusieurs éternuements dans la salle. Canon réagit.
- Fermez la porte, bon sang ! il y a des courants d'air, combien de fois dois-je vous le répéter, dit Richardson à un des cuisiniers.
Catherine Spinoza qui se trouvait là, pratiquant le karaté, claqua violemment la porte d'un coup de pieds.
- La science seule aura raison de ce Saint et par des méthodes modernes, continua Goujon.
- Excuse-moi de te contrarier guérisseur, dit Martin, mais on peut le combattre aussi par des moyens surnaturels.
- Par exemple ?
- Passez un pacte avec le fantôme, si le patron m'en laisse le temps, je vais m'en occuper, continua Martin en s'adressant à Pat.
Les paroles de Martin choquèrent soudain Pat. Sans lui donner de réponse, il consulta ses notes... Tout le monde se tut et attendit en l'observant avec impatience. Quelques instants plus tard, il prit la parole :
- Réfléchissons mes amis... Ne trouvez-vous pas que, tous les gens qui ont été envoyés pour descendre ce Saint ont anormalement échoué dans leur mission. Canon avait raison de se poser des questions lorsque les deux commandos d'élite se sont fait avoir, c'était trop facile ; il y aurait une deuxième personne avec Saint. Autre chose : Comment celui-ci a-t-il pu crever un pneu de la Citroën et ensuite blesser son adversaire avec une arme à feu, alors qu'il ne savait même pas tirer puisqu'il s'est inscrit dans une école de tir récemment. Le plus flagrant, c'est que le tireur d'élite et son coéquipier se sont plaints d'avoir été agressés par un être invisible. Morisot, le champion que nous avons envoyé pour combattre Saint aurait-il lui aussi abandonné à cause de ce fantôme...
Un brouhaha remplit la salle.
- Cela paraît...chut !... Cela paraît incroyable, continua Pat, mais je suis persuadé que Saint a déjà passé un pacte ou quelque chose de ce genre, avec cet esprit dans le seul but de nous détruire.
- Sans aucun doute, affirma Martin. Il va falloir qu'on trouve un moyen pour combattre ce fantôme.

  Après le raisonnement de Pat tous les invités étaient stupéfaits par cet événement extraordinaire. Ils l'approuvèrent...
- Que comptez-vous faire ? demanda la "comtesse"
- Attendez, il y a autre chose, continua Pat en s'adressant à Martin et en consultant ses notes. N'as-tu pas demandé à la voyante d'identifier l'assassin de cette femme ?
- Non, pourquoi veux-tu le savoir ?
- Parce que si c'était quelqu'un de chez nous, le conseil devait être au courant, c'est notre règle, le meurtre est une chose à éviter, le cas Saint mis à part bien sûr... Jusqu'à présent, je n'en ai noté que deux : la mort de Duroc et celle de Marie-Ange Chevalley, la femme qui a descendu Denis Schultz. Alors, les patrons, je suppose que vous avez confiance en vos hommes...
- Oui, mais comment allez-vous faire pour combattre cet esprit ? Passer une annonce pour embaucher un fantôme ? ironisa Carine Levallois en souriant.
- D'abord reporter à plus tard le rendez-vous avec la "sangsue" pour essayer d'aller voir un spécialiste du spiritisme, proposa Martin.
- Contacte Suzanne Devautour et tiens-moi au courant, lui dit Pat, à moins que tu aies une autre idée ?


25 | 26