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"Pour un monde meilleur"

Chapitre I - Chapitre II - Chapitre III - Chapitre IV

Roman policier

Chapitre I
Un justicier
Coéquipiers
Mystère
L'Organisation
Coup de foudre

La bande à Pat ou l'organisation "Sans nom"

Dans une villa isolée située en banlieue parisienne, Valentin Schultz, ses collaborateurs et hommes de main se réunirent à la demande de celui-ci. Ils étaient une quinzaine, rassemblés autour d'une table de quatre mètres de longs sur deux de large, magnifiquement sculptée, réservée aux repas d'affaires. Tous les chefs de bandes étaient présents. A un bout de la table se tenait un homme portant une houppelande noire, la cinquantaine, cheveux bruns, de forte corpulence, le visage grave, avec un nez volumineux. Certains pensaient qu'il portait un faux nez pour cacher son visage, d'autres que c'était une malformation congénitale qui lui donnait un certain charme. Mais tous ses hommes le considéraient comme le "Zorro" du 3è millénaire, le seul capable de changer le monde. Son allure indiquait qu'il était propriétaire des lieux. On ignorait son nom mais son entourage l'appelait "Pat" comme patron, bien qu'il ne le fut pas tout à fait. Familier avec ses collaborateurs, ils se tutoyaient. Sa modestie lui donnait une personnalité attachante. De l'autre bout de la table était assis Valentin Schultz. L'organisation sans nom avait été créée il y avait quelques mois dont Pat avait déclaré en être le fondateur, seul ses proches collaborateurs connaîssaient son véritable visage. Quatre autres chefs de bandes qui approuvaient sa politique, l'avaient un jour rejoint. Ils travaillaient avec lui comme collaborateurs et conseillers, parfois comme clients :

  Carine Levallois, 42 ans, rousse, cheveux coupés à la garçonne et coiffés à la mode, faisait plus jeune que son âge grâce à la chirurgie esthétique. Ancienne bourgeoise, elle fréquentait le beau monde. Pat la surnommait "la comtesse". Elle avait hérité de la fortune de son père, un petit bourgeois décédé dans un accident de chemin de fer. Elle était chargée de gérer les finances de l'organisation, secondée par un expert-comptable à la retraite.

  Thierry Richardson, 48 ans, teint basané, cheveux poivre et sel, une cicatrice sur le menton, fumant la cigare, était un franco-américain surnommée "Canon". Il était spécialisé dans l'import-export d'armes en tout genre. Il avait déposé son bilan avant que Pat ne lui proposât de s'associer à ce groupe. Il avait été autrefois sergent dans les marine's américains. Par conséquent, il avait accepté le rôle de "garde du corps" du groupe et chargé également de commercialiser avec l'étranger en matière de cartes bleues falsifiées. Ses hommes avaient pour mission secondaire de dévaliser les épargnants par l'intermédiaire de distributeurs de billets aux moyens de cartes bleues volées et trafiquées que leur fournissait la bande à Denis Schultz (décédé récemment), spécialiste en la matière.

  Valentin Schultz, spécialiste de l'informatique et du réseau internet, succéda à son fils pour prendre en main le reste de sa bande. Pat lui confiait la direction d'une douzaine de personnes. Certains, informaticiens le secondaient, d'autres dont la plupart était d'anciens chômeurs, étaient chargées de repérer les habitudes de leurs victimes avant l'intervention des hommes de Schultz. Pat le surnommait "Chef" à cause de son âge car il était le plus âgé du groupe, mais aussi pour son intelligence. Pat le considérait comme son bras droit, mais Schultz avait toujours préféré l'indépendance. Ce dernier venait de se qualifier dans la modification des puces électroniques grâce à son fils. Tout le monde l'a par conséquent considéré comme le premier maillon de la chaine après Pat. Catherine Spinoza dit "Cathy" était devenue son bras droit.

  Alexis Goujon, un scientifique surdoué, ex-professeur d'université et chercheur au CNRS, la cinquantaine, le regard fier, quasiment chauve. On le prenait pour un savant à cause de son physique et sa blouse blanche qu'il portait régulièrement. Il avait été rayé de l'ordre des médecins pour exercice illégale de la médecine. Il le surnommait le "guérisseur" mais sa véritable mission était tout autre. Il était secondé par Elsa Müller, une française d'origine allemande, ex-docteur en pharmacie rayé de l'ordre des pharmaciens.

  Schultz prit la parole :
- Notre système marche à la perfection quoique qu'il y ait eu un mort parmi les victimes. Je ne parle pas de mon imbécile de fils trop gourmand. Il n'a eu que ce qu'il méritait. Sa disparition ne nous empêche aucunement de continuer. Nous avons deux remplaçants. Sa folie a failli tout gâcher. Si nous persistons dans nos efforts comme nous l'avons fait depuis le début, jamais la police ne pourra mettre la main sur nous. Il faut absolument éviter l'individualisme, la traîtrise, la désobéissance... Nous devrons désormais, avant de prendre une décision importante, nous réunir et en discuter. Il faut aussi supprimer tous les gêneurs, proprement, seulement sur ordre, opérer méthodiquement et éviter de blesser autant que possible. Toute tuerie sans ordre sera dorénavant sanctionnée et tout perturbateur dans le groupe doit être dénoncé. L'une des raisons principales de notre réunion aujourd'hui, est de vous parler d'un empêcheur de tourner en rond. C'est un redoutable pratiquant d'arts martiaux. J'ai été abasourdi lorsque j'ai appris qu'il avait neutralisé deux exécuteurs professionnels en quelques secondes.
- Excuse-moi de t'interrompre, chef, mais qui étaient ces deux exécuteurs ? demanda la comtesse.
- Un ancien marine's américain et un légionnaire, envoyés par Canon.
- Je propose de jouer le jeu de la séduction. Catherine en sera certainement capable. Elle l'attirera dans un piège.
- Oui, dit le guérisseur, je préconise l'utilisation d'une drogue mortelle, ou non, à verser dans son verre, lors d'une soirée chez lui.
- Le meilleur moyen de battre un champion, dit Canon, c'est de lui envoyer un autre champion dans la même discipline, plus fort que lui. Je connais un double-champion du monde de savate, il lui réglera son compte. Malgré sa célébrité, Barsack n'est qu'un minable professeur d'école d'arts martiaux.
Il y eut un silence et Pat s'adressa à Schultz :
- Et toi Chef, que nous proposes-tu ?
- Je propose de kidnapper sa nièce en le forçant à abandonner, menace à l'appui. Mais je pense que l'idée de la comtesse n'est pas mauvaise non plus.
- Pour ma part, dit Pat, je suggère qu'on négocie d'abord avec lui. En cas d'échec, on choisira autre chose. J'opterai pour l'assassinat seulement quand toutes tentatives auront échoué. Par contre, en effet, on peut commencer par inscrire Catherine à l'école où enseigne ce Saint. Mais elle ne l'exécutera que sur ordre du conseil. Qu'en pensez-vous ?
L'américain se leva et dit :
- Cet homme est un malin, mes amis. Attention ! S'il soupçonne Cathy et qu'elle se fait arrêter, nous perdrons un bon élément. Plus nos gens se font remarquer, plus nous facilitons les enquêtes de la police, ne sous-estimons pas ce commissaire Fourreau. J'ai entendu parler de lui. Il échoue rarement dans ses recherches. Par ailleurs, je n'arrive toujours pas à comprendre comment ce Saint a pu mettre hors d'état ces deux hommes qui étaient des commandos spécialement entraînés pour le kidnapping. Etait-il vraiment seul ?
Il y eut un long silence puis quelques murmures dans la salle. L'un des conseillers et bras droit de Pat, Christian Furet, un passionné des sports de combat, réagit en fin connaisseur :
- Il ne faut pas oublier que Saint est ceinture noire 8è dan. C'est un grand maître... Mais une petite parenthèse si vous me permettez pour parler de notre organisation "humanitaire". Je pense qu'il serait important de lui donner un nom pour être reconnu.
- C'est ça ! ironisa Canon, "Les petits frères des pauvres" par exemple. Ou au contraire plutôt "Le Cartel", ce serait plus juste, pour ameuter la police à nos trousses.
- Non, conclua Pat, il vaut mieux qu'on continue à rester anonyme pour l'instant.
- Mes deux hommes, poursuivit Canon, étaient armés jusqu'aux dents bien que leur self-défense ne valait rien face à l'autre. Et de plus, ils avaient pris toutes les précautions nécessaires pour ne pas se faire avoir par Saint.
- Bon ! Voyons, réfléchissons mes amis, dit Pat. Cathy, as-tu opéré dans la zone où habite Saint, est-ce que quelqu'un t'aurait remarquée ?
- Non, il n'y a pas de coin désert dans son quartier où on puisse travailler. Par contre, la nuit où je suis allée chercher la 106 chez Denis, un piéton m'a vue sortir du garage. Il se dirigeait vers l'immeuble en m'observant. Nous étions environ à une dizaine de mètres l'un de l'autre. Il faisait noir... il me semble que la rue n'était pas bien éclairée. Il était deux heures du matin. J'ai tenu le chef au courant de tout cela et je portais une perruque blonde comme il me l'a demandé. Nous n'avons aucune chance, cette personne et moi, de nous reconnaître l'un l'autre.
- En effet, poursuivit Schultz... Mais je pense qu'il vaut mieux être prudent et envoyer une autre femme, par exemple, Elsa Müller. Qu'en penses-tu guérisseur ?
- Désolé, chef, mais c'est mon bras droit. Pourquoi ne pas embaucher une spécialiste en la matière. Nous avons tous besoin de notre personnel. Qui voudrait risquer d'en perdre ? Puis pourquoi parlez-vous tous d'envoyer une femme, ce Saint est peut-être homosexuel, qu'est-ce que vous en savez ?
- Je crois que j'ai quelqu'un, dit la comtesse. Si vous êtes d'accord, je l'embaucherai, je vous en informerai naturellement au préalable. Je vais la contacter aujourd'hui même. C'est une femme, et si ça ne marche pas, on essayera avec un homme, là aussi, j'ai ce qu'il faut.
- Tout le monde est d'accord ? demanda Pat à son monde. Et ils répondirent tous par l'affirmative. Pendant que la salle se vidait dans un brouhaha, Pat fit signe à Schultz de venir dans son bureau.
- Dis-moi chef, as-tu d'autres nouvelles du garage Simonet depuis le passage de la police ?
- Non. Il me l'aurait dit. Apparemment, ils ont fait du bon travail. Fourreau semble diriger son enquête ailleurs, en tout cas pour l'instant.


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