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Roman policier L'Organisation |
Après quelques jours de soins intensifs à l'hôpital Saint-Louis, Roman eut l'autorisation de son médecin de recevoir des visites. Corinne Chavalley et son mari arrivèrent les premiers et lui annoncèrent la guérison de Marie-Ange. Elle devait commencer ses premières séances de rééducation dans une semaine et dureraient environ trois mois. Ses capacités de récupération étaient exceptionnelles et étonnèrent ses médecins. Elle se rétablissait miraculeusement très vite et probablement ne garderait aucune séquelle. Roman ressentit une joie profonde en apprenant la nouvelle.
Une semaine plus tard, au nom de la brigade criminelle de Belleville, un policier, l'un des rares survivants de l'équipe de Fourreau, rendit visite à Roman pour avoir des nouvelles de sa santé et le féliciter pour ses exploits. Roman reconnut Nathalie Corchevin, elle avait été chargée de protéger sa nièce, et avait été blessée et hospitalisée à cause d'une blessure par balle à l'épaule, lors d'une tentative d'enlèvement de l'enfant qu'elle avait défendu avec succès. Elle lui annonça que les obsèques de son ami Fourreau aurait lieu dans deux jours. Elle poursuivit par une autre nouvelle non moins fâcheuse.
- Notre Monsieur Major, dit-elle, a été victime d'un enlèvement il y a trois jours. Seuls le directeur de la société Sélectron et lui connaissaient la combinaison du coffre qui contenait les deux fameux appareils. Le directeur a découvert que le coffre avait été ouvert et les appareils disparus le jour de l'enlèvement. Les faits se sont déroulés la nuit vers deux heures du matin. On a reçu un coup de fil d'un inconnu réclamant 20 millions d'euros dont 1 million pour la libération de monsieur Serge Major. D'après le directeur, un des employés aurait été l'auteur du vol sans aucun doute. La firme est tellement bien protégée, le personnel étant tenu au secret professionnel, grâce à de nouvelles technologies, que nul voleur ne peut en sortir une fois qu'il est entré, avec ou sans le personnel en otage. Il ne lui reste plus qu'à attendre l'arrivée de la police dans les minutes qui suivent la fermeture automatique de toutes les portes, les fenêtres sont protégées par des barreaux. D'autre part, une chose nous turlupine, c'est : pourquoi Major et pas le directeur ?
Les interrogatoires nous ont révélé que le cerveau était surnommé Pat et qu'il avait un signe particulier : son nez volumineux. C'était le gourroux de la secte "Infinitude". C'est bien lui qui était mort la nuit où il se trouvait parmi les huit fuyards. Il s'appelait Chantemerle de son vrai nom. Nous avons revu Madame Foulon à sa sortie de l'hôpital. Ayant retrouvé ses esprits, elle nous a déclaré qu'il y avait un personnage, très discret, qui habitait dans le manoir adjacent à la villa d'Orry-la-ville. Madame Foulon disait qu'elle avait entendu un jour en travaillant dans la cuisine du manoir ce soi-disant patron qu'on surnommait Pat appeler le mystérieux personnage, qu'elle n'a jamais pu voir le visage, par "Monsieur". Quand on appelle quelqu'un avec qui on vit ou on travaille par "Monsieur", c'est clair ce que cela veut dire. Le cerveau de l'organisation est toujours vivant et en liberté. Alors, on se demande si monsieur Major, malgré un casier judiciaire vierge, n'aurait pas une double personnalité...
- Sans aucun doute, approuva Roman, d'après le témoignage du directeur et le déroulement des faits, Major se serait kidnappé lui-même en emportant les appareils. Notre ami Serge, que personne n'a jamais soupçonné jusque là, serait donc le principal instigateur dans l'affaire du vol du premier appareil Sélectron et non Denis Schultz...
Deux semaines plus tard, quasiment rétabli, Roman se rendit chez Marie-Ange et la rencontra pour la première fois réellement. Leurs deux coeurs palpitaient sans pouvoir échanger une seule parole pendant les premiers instants de cette rencontre. Leurs regards suffisaient...
Un peu plus tard, entre autres sujets de conversation, Roman lui demanda :
- As-tu pu aller jusqu'à Senlis pour faire arrêter Christian Furet en provoquant une panne de sa voiture pendant qu'il était poursuivi par la gendarmerie. Est-ce que tu t'en souviens ?
Après un long moment de réflexion, elle répondit :
- Ce nom ne me dit rien, ce n'est pas moi qui ai permis son arrestation.
Je n'ai pas eu l'occasion de te dire que j'étais autrefois élève dans ton école d'arts martiaux, mais à l'époque, nous ne nous connaissions pas encore. J'ignorais que j'ai des possibilités paranormales dans l'au-delà. C'est incroyable ! Et ce qui est aussi extraordinaire c'est que, à part l'utilisation de l'écriture automatique, je ne me souviens plus de rien...
Soudain, un événement inattendu interrompit leur conversation : un stylo sortit du sac à main de Marie-Ange, se dirigea vers une table et se posa dessus.
Les deux personnages observaient l'objet, stupéfaits. Marie-Ange sortit un morceau de papier et saisit le stylo. Sa main bougea et écrit : "Y. Dubois...coma profond... ai ensablé moteur de mon ennemi Furet... Priez pour moi... Bonne chance".
- Nous ne vous oublirons jamais dans nos prières. Etait-ce vous qui m'avez sauvé la vie lors du combat avec le cadavre ?
La main de Marie-Ange fit le mot : "Affirmatif".
A l'expiration de son contrat passé avec la police, Roman repris ses cours d'arts martiaux à la même école. Moustache était soigné et, après quelques fractures, il reprit une vie normale auprès de Roman et Marie-Ange. Celle-ci fut complètement guérie après trois mois de rééducation sans garder aucune séquelle. Entre temps, Roman l'avait épousée et tous deux héritèrent du pavillon des parents de Marie-Ange, ces derniers ayant fait l'acquisition de leur maison de campagne pour passer leur retraite.
Roman fera profiter sa femme de son expérience spirituelle mystique avancée qui les mènera tous les deux vers la sainteté dans le mariage.
La police continuait ses recherches sans céder à la demande de rançon. Un mandat d'arrêt international avait été lancé contre Serge Major.