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"Pour un monde meilleur"

Chapitre I - Chapitre II - Chapitre III - Chapitre IV

Roman policier

Chapitre I
Un justicier
Coéquipiers
Mystère
L'Organisation
Coup de foudre

Mercredi, 7 heures 30 du matin, il faisait déjà jour en ce mois de mars... Après son petit déjeuner en compagnie de Moustache, il ouvrit l'annuaire posé à côté du téléphone et consulta. Il cherchait l'adresse de la Société Selectron dont parlait les médias. Un appareil unique, inventé par cette firme, lui avait été subtilisé. Il décrocha le combiné et composa un numéro.
- Société Selectron, bonjour, lui dit une voix féminine.
- Bonjour, je désirerais parler à votre responsable concernant le vol de votre fameuse machine.
- Ne quittez pas.
- Serge Major, c'est pourquoi ? dit une voix brève.
Roman hésita un instant...mais il lui semblait bien avoir entendu sergent Major. Cet appareil appartiendrait-il à l'armée ? pensa-t-il.
- Bonjour sergent !
- Non, Major, c'est mon nom et Serge, mon prénom.
- Mille excuses ! Roman Saint. Je souhaiterais avoir un entretien avec vous à propos de votre appareil. Je crois que je peux vous aider à le retrouver.
- Ah oui ? Mais êtes-vous de la police ?
- Non, mais je suis un professionnel dans ce genre de problème.
- Formidable ! je peux vous rencontrer ce soir, à 19 heures.
- Dans une demi-heure environ car ce soir j'enseigne au club "8è dan".
- Le "Huitième..." ? Ce nom me dit quelque chose...Vous enseignez...à la célèbre école de karaté ?
- D'aïkido, cher monsieur... Pas karaté.
- Excellent ! Alors à tout de suite Maître. Et il raccrocha aussitôt alors que son interlocuteur n'avait pas fini de parler.
- Saint, tout simpl... Il raccrocha à son tour sans terminer sa phrase.

  Roman sauta dans sa vieille R5 Turbo et démarra rapidement. Après une heure de trajet il arriva devant un bâtiment de deux étages situé en zone industriel, se gara sur un parking et pénétra dans l'immeuble. Une porte vitrée à ouverture automatique s'écarta, dans le hall travaillait une charmante hôtesse derrière un comptoir en croissant de lune.
- Bonjour, j'ai un rendez-vous avec M. Major.
- Bonjour monsieur, patientez un instant S.V.P.
Deux énormes ficus caoutchouc de trois mètres de hauteur étaient placés entre quatre canapés en cuir luisant. Leur taille donnait l'impression qu'ils étaient là pour garder la maison. Un petit homme chauve, d'allure militaire, vif et alerte, d'une cinquantaine d'année, s'approcha et dit :
- Bonjour maître. Votre nom me rappelle quelqu'un...un personnage célèbre.
- Bonjour major. Pardon ! Monsieur Major, enchanté.
- Venez dans mon bureau, on va discuter. Ne restons pas là, je suis allergique au courant d'air.
Ils pénétrèrent dans une pièce ornée de tableaux, de plantes vertes et de fiches publicitaires de la firme. Major tourna tout de suite à gauche et s'installa derrière son bureau. Au fond, à sa gauche, à quelques mètres de lui, une large fenêtre éclairait la salle. Face à l'entrée, se dressait, adossé au mur, une bibliothèque contenant des dossiers et quelques accessoires électroniques rangés ça et là sur les étagères du bas. Ils entamèrent aussitôt la conversation avant de s'asseoir comme s'ils se connaissaient de longue date. Saint prit place face à son interlocuteur dans un fauteuil assez confortable. A gauche de Major traînait par terre un appareil téléphonique de la même couleur vert sombre que la moquette... Une odeur de tabac se dégageait, sous le nez de Saint, d'un cendrier placé au bord du bureau de Major et laissait à penser qu'un fumeur l'avait précédé récemment. Une lampe, deux classeurs à moitié vides, un dossier intitulé "Clients litigieux" et une statue de marbre constituaient le panorama dressé par la surface du bureau. Serge Major sortit un mouchoir de sa poche et, tout en enlevant une tache se trouvant sur la dite statue, déclara :
- La police... excusez le désordre... La police est déjà venue m'interroger à ce sujet. L'homme qui a été tué, il y a quelques jours lors d'un vol, faisait partie de notre groupe de conception. Il s'appelait Denis Schultz. Il est soupçonné d'avoir dérobé notre appareil expérimental. Les fameuses fausses cartes utilisées par les fraudeurs proviendraient de la modification effectuée par cette appareil de cartes volées. On a trouvé trois cartes de crédit dans sa veste appartenant à deux personnes qu'il avait agressées ce soir-là.
- Avez-vous les coordonnées de Schultz ?
- Oui. Il ouvrit son carnet d'adresse, gribouilla sur un morceau de papiers et le tendit à son interlocuteur. Ecoutez Le Saint, poursuivit-il, si vous me retrouvez cet appareil, je vous promets qu'on entendra parler de vous car celui-ci va révolutionner le monde de la carte à puce. Vous pouvez compter sur moi.
- "Saint" tout court, rectifia-t-il. Il comprit alors à qui son interlocuteur faisait allusion en parlant du personnage célèbre...
Afin d'étoffer la conversation il lanca :
- Votre entreprise a l'air florissante, fit Roman, par courtoisie.
- Non, moins qu'il n'y paraît, nous avions beaucoup investi dans la mise au point de cette machine très sophistiquée. Nous sommes conduits aujourd'hui à commercialiser de petits jouets électroniques pour enfants. La moitié de nos ingénieurs - dont Schultz faisait d'ailleurs partie en tant que responsable - est au chômage technique. Vous rendez-vous compte ?
- Quelle sorte de machine est-ce exactement ?
- Elle a été conçue pour fabriquer des puces électroniques spéciales. Le secret professionnel ne me permet pas de vous en dire plus.
- Vous ne pouvez pas en fabriquer une autre ?
- Négatif. D'une part, l'appareil, bien qu'il en soit au stade expérimental, coûte très cher. D'autre part, le circuit électronique et ses composants, les seuls que nous possédions, sont entre les mains des voleurs. Et pour en créer un autre, nous avons besoin de la participation du génie décédé.
- Mais pourquoi a-t-il fait çà. On ne lui payait pas assez ici ?
- Il était bien mieux payé que ses collègues. L'argent l'a aveuglé, son génie l'a aveuglé... Que sais-je ? Mais vous savez qu'en trafiquant cet appareil, et il en est bien capable, il peut le revendre à une personne sans scrupule pour au moins un demi million d'euros. Tout notre système d'alarme ultraperfectionné a été neutralisé la nuit du vol. L'auteur ne pouvait être que lui, cela ne fait aucun doute.
- Pouvez-vous me donner les coordonnées du policier ?
- Oui, Il m'a donné sa ca...
Un courant d'air soudain, ouvrant les fenêtres non fermées de son bureau, le surprit ; il éternua à quatre reprises sans qu'il pût terminer sa phrase. Il se leva énergiquement, se dirigea d'un pas décidé vers la fenêtre en martelant le sol, les poings serrés. Saint remarqua soudain qu'il allait écraser le combiné vert et s'écria en pointant son doigt :
- ...'Tention !!
Mais sa colère le rendait sourd au signal, un pas en avant, il heurta l'appareil et faillit tomber. " Nom d'un gien ! Bais qu'est-ce...Où est-il ?... Que je lui vasse avaler çà ", dit-il d'une voix nasillarde, en apercevant le téléphone vert et en sortant son mouchoir.
  Abandonnant son projet, il se dirigea vers l'hôtesse en grommelant des jurons.
- Où est le débanneur, il est barti ? ... Rabbelez-le-boi... Je vais lui dire deux bots !
- Il avait un gros souci intestinal, répondit la jeune hôtesse, un gastro... heu... enterite. Il devait aller d'urgence chez le médecin. Je pense qu'il ne va pas tarder à revenir.
Ses mots furent interrompus de nouveau par un éternuement étouffé. Saint ne put contenir son hilarité...


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