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Roman policier Chapitre I Un justicier Coéquipiers Mystère L'Organisation Coup de foudre |
Longeant un couloir qui sentait le moisi, ils montèrent au deuxième étage d'un immeuble de six appartements, quatre étaient en instance de rénovation, un seul était occupé. Ils rejoignirent leur chef qui les attendait à l'intérieur d'un vieux deux pièces inhabitable, loué temporairement à bas prix, dont la chambre avait été aménagée en bureau. Gomez, le locataire, faisait le guet à la fenêtre du salon. Mme Foulon, une dame de quatre-vingt ans, paraissant plus jeune que son âge, habitait au rez-de-chaussée. Les voyant arriver, elle disparut de sa fenêtre telle une ombre furtive en plongeant dans la pénombre de son logement.
- Alors ? demanda Valentin Schultz, leur chef, un informaticien, cheveux grisonnants, portant des lunettes, dont l'âge dépassait la cinquantaine.
- Rich est blessé, répondit Catherine, il faut le soigner en vitesse.
Ils aidèrent le blessé le visage pâle, à s'asseoir. Valentin lui retira de la main un mouchoir ensanglanté et saisit une trousse à pharmacie que lui tendait Catherine.
- Ce n'est pas bien grave, tu as fait du très bon boulot, dit Valentin en lui prodiguant les premiers soins, on ira voir le "guérisseur" après... A qui est ce couteau ? Qu'est-il arrivé ?
- On est tombé sur un vieux vicieux, raconta Adel. Il a utilisé ce cran d'arrêt sur Rich. Je lui ai porté un sale coup de crosse sur la tête.
- L'affaire est faite, chef, plus 500 euros en espèces, fit Catherine Spinoza, pour changer de conversation par mépris du sort de la victime. Spinoza était une jeune femme âgée d'une trentaine d'années, aux cheveux bruns mi-longs et raides.
Elle sortit de ses poches un carnet de chèques entamé, une carte d'identité et tendit une carte bleue à Denis Schultz, le fils, électronicien âgé d'une trentaine d'année. Valentin aperçut le butin et lança :
- J'ai dit pas de carnet de chèques ni pièces d'identité. Uniquement les cartes bleues.
- Mais c'est pour moi, chef. Je vais utiliser rapidement deux ou trois chèques et je balancerai le reste.
- Non, Cathy ! Il suffit que tu te fasses attraper ou remarquer et tu mets tout par terre ! En plus, ce n'est pas notre domaine. On est fournisseur, pas utilisateur, et encore moins de chéquiers volés. On était d'accord au départ O.K.?
- D'ac...Répondit-elle en hochant la tête. Il prit le chéquier et la carte d'identité, les déchira en plusieurs morceaux et les jeta avec les objets à brûler. Sur une grande table placée contre le mur, se trouvait une étonnante machine électronique de la taille d'une imprimante, entrailles mécaniques à l'air, reliée à un micro-ordinateur. Valentin glissa la carte de crédit dans une fente de l'appareil prévue à cet effet : le bruit d'un mécanisme se fit entendre et un circuit électronique s'afficha sur l'écran du moniteur. Après quelques ordres au clavier, tout le système se mit à fonctionner. Il continua à taper pendant quelques minutes. Denis l'observait, un langage informatique défilait au fur et à mesure sur l'écran. Cinq minutes plus tard, la carte de crédit ressortit, la structure et la fonction de sa puce avaient été modifiées... Il ouvrit un attaché-case et rangea la carte avec dix autres. Il s'approcha d'un téléphone et appela...
- Oui ? lui répondit une voix d'homme.
- Le compte est bon, on arrive.
Pendant ce temps, Gomez aperçut Madame Foulon qui montait l'escalier. Une agréable odeur de pâtisserie se fit sentir lorsque la vieille dame s'approcha.
- Monsieur Gomez, dit-elle, j'ai préparé pour vous tous un régal, une recette de mon arrière grand-mère, ouvrez vite.
L'instinct grégaire de Mme Foulon la rendait généreuse.
- Elle commence à nous gonfler cette vieille, dit Denis. Il va falloir qu'on s'en débarrasse.
- Je m'en occupe, dit son père.
Une heure s'écoula. Rapidement les deux appartements étaient vidés de leurs occupants.
Schultz et sa bande, grâce à leurs falsifications et leurs trafics avec d'autres malfaiteurs, en l'espace de quelques semaines, avaient empoché suffisamment d'argent pour leur permettre de vivre aisément durant trois mois sans travailler. Ils décidèrent d'arrêter leurs activités pendant cette période pour éviter de se faire repérer.
Première semaine. Une jeune femme brune, la trentaine, un teint éclatant de santé et rayonnante d'une beauté naturelle, sortait de son club de gymnastique. Elle allait prendre, comme d'habitude, le bus à l'arrêt situé à deux cents mètres en dégustant un sandwich.
-Marie-Ange, s'écria un homme à bord de sa voiture circulant lentement en s'approchant d'elle. Roger, nouvel adhérant, l'invita au restaurant.
- Pas ce soir, dit-elle. Je suis épuisée.
- Monte, je te dépose. Tu habites où ?
- A Bobigny, tu connais le chemin ?
- Pas jusqu'au bout.
Elle monta dans le véhicule et le jeune culturiste la conduisit jusqu'à la moitié de son parcours lui faisant gagner une vingtaine de minutes. Il s'arrêta à proximité d'une station de bus, la regarda et dit :
- Alors, miss, c'est d'accord pour le restaurant samedi ?
- On en reparlera jeudi si tu veux bien ?
L'homme, sans réponse, approchait déjà ses lèvres du visage de Marie-Ange ...
- Désolé, Roger, on se connaît à peine. Merci pour le trajet. A jeudi !
Ils se saluèrent d'un signe de la main, et souriant, s'éloignèrent.